Si vous avez déjà participé à un stage de développement personnel, vous savez déjà sans doute à quoi je fais allusion avec ce titre. Sinon, je vous rassure, non je n’ai pas encore trouvé comment voyager en tapis volant et non, je ne me suis pas non plus pris les pieds dans les franges de mon tapis ! 😄
La première fois que j’ai entendu cette métaphore du tapis et de ses franges, c’était lors d’un stage de tantra : après nous avoir fait une démonstration de la structure qu’il nous invitait à pratiquer ensuite, l’animateur insistait sur le fait qu’il fallait s’écouter et se respecter pour ne pas se forcer à faire quelque chose qu’on ne « sentirait » pas. Pour autant, il ne fallait pas toujours rester sur son « Tapis », dans sa zone de confort, et oser aller découvrir le début des franges de notre tapis, ces dernières représentant l’inconnu, tout ce qui peut nous faire peur, nous bloquer.
L’idée est donc de s’écouter, mais pas trop, car notre mental peut nous jouer des tours dans le seul but de ne pas se mettre en difficulté en visitant ses zones d’inconfort ; il peut ainsi nous faire croire que la pratique proposée n’est pas « bonne » pour nous alors que c’est juste une peur qui s’exprime de façon indirecte !
Pas facile parfois de distinguer ce qui est de l’ordre de la peur, du blocage de ce qui est de l’ordre de l’écoute de soi, de son corps et de ses messages !
Pour avoir expérimenté les deux situations, je peux vous dire que maintenant je sais faire la différence car lorsque je n’écoute pas les messages de mon corps, ce dernier se manifeste à moi immédiatement et de façon très peu agréable. La dernière fois que je n’ai pas écouté mes signaux d’alerte corporelle, j’ai mis 3 semaines à m’en remettre !
Grâce à toutes ces expériences je ne suis (presque) plus dupe de mon « mental » et sais, à priori, très bien identifier lorsqu’une peur ou un blocage vient influencer certains choix de mon quotidien. Parfois ce sont des tout petits riens que je me justifie juste pour rester sur mon tapis et ne pas aller en caresser les franges, et ce en toute conscience !
Et mon petit doigt me dit que vous aussi, vous avez des petits trucs de rien du tout avec lesquels vous vous « accommodez » en conscience au quotidien. 🤔
Aujourd’hui, je viens célébrer une « sortie de tapis » : oh non, ne vous attendez pas à un truc extraordinaire et sans doute que vous trouverez cela anodin, voire insignifiant ou « bêta » mais pour moi, c’est un belle part de franges à laquelle je me suis sciemment attaquée.
Bon j’arrête de vous faire languir, si vous êtes encore là à me lire, c’est que la couleur des franges de mon tapis vous intéresse à minima 😉.
Depuis fort longtemps, j’ai un gros blocage avec les ponts suspendus lorsque je dois passer dessus en voiture : une peur irraisonnée et incontrôlée me saisit à chaque fois que je suis dans l’obligation de prendre un de ces ponts pour franchir qui un fleuve, qui une vallée… Si en plus il y a du vent, je vous laisse imaginer combien je suis crispée sur mon volant ou agrippée à la poignée de maintien lorsque passagère : mes jointures sont tellement blanches qu’il me faut un bon moment pour qu’elles retrouvent un semblant de couleur et si je pouvais, je conduirais les yeux fermés !
La construction à laquelle je suis souvent confrontée est située à Nantes : il s’agit du Pont de Cheviré qui a la particularité d’avoir une « attaque » légèrement inclinée et arrondie, ce qui me stresse d’autant plus. Et si en plus le vent est de la partie, ce qui est presque toujours le cas, mon stress par anticipation en est décuplé ! 🙁
J’ai beau l’avoir emprunté de nombreuses fois, je ne m’y habitue pas et j’évite de contourner Nantes par l’ouest dès que possible !
Et oui, comme je vous l’ai écrit plus tôt, je m’arrange souvent avec son mental pour trouver des excuses pour rester bien tranquille sur mon tapis.
Lorsque je descends dans le Sud, il y a une autre construction que j’évite comme la peste et que je croise à chaque fois ou presque : Le Viaduc de Millau. Pour lui, je me prétexte que le prix en est exorbitant.
Depuis mon périple de l’été 2023 où j’ai pu me rendre compte que les frais d’autoroute peuvent facilement s’envoler plus par facilité que par vrai gain de temps, je m’amuse à calculer le ratio coût/km/gain-de-temps pour choisir mes trajets à chaque fois que je prends la route. Inutile de vous dire que je ne prends presque plus l’autoroute car j’ai plus souvent pléthore de temps que d’argent !
Alors oui, 11,20€ (hors saison) pour gagner environ 20 mn de trajet est un argument qui d’habitude suffit à me convaincre de l’éviter et de ne pas me frotter aux franges de ce tapis. Mais pas aujourd’hui !
Est-ce la fatigue du trajet déjà fait ? L’envie d’arriver au plus vite et de me poser ? Le ras-le-bol des travaux, des routes sinueuses, des déviations, des tracteurs… ?
Bref, je me suis observée hésiter entre un « J’y vais, je sors de mon tapis » et un « Je n’y vais pas, c’est pas le bon jour ni le bon moment, je suis fatiguée et cela va me demander beaucoup de concentration… ».
Jusqu’au dernier moment j’ai oscillé entre ces deux possibilités et ce n’est qu’au tout dernier moment, alors que la dernière sortie avant péage arrivait que j’ai décidé de ne pas la prendre et d’oser affronter ma peur : j’ai calmé ma respiration, me suis installée bien confortablement dans mon siège et me suis focalisée sur la beauté de cette prouesse d’architecture.
Heureusement car des panneaux de manche à air (et donc de vents dangereux) se sont allumés à peine le péage passé : plus moyen de revenir en arrière !!!
J’ai respiré, ai saisi mon volant à pleines mains et ai ralenti ma vitesse : je me suis calée à distance respectueuse d’un camion et dans l’idée me protéger des bourrasques de vent (pas très sure que ce soit une idée de génie mais cela m’a rassuré sur le moment!) et pour observer les écarts de trajectoire du véhicule afin d’anticiper pour ma voiture.
Ce furent les 2460 mètres les plus longs de ma journée et en même temps je me suis surprise à être relativement vite arrivée à la dernière pile de haubans en poussant un « Ouffffff » de soulagement : 270 m de vide sous moi et des vents pouvant culminer à 200 km/h ! Parfois il vaut mieux faire abstraction des chiffres !
Je ne vais pas vous mentir, même si je suis contente et fière de moi, je ne suis pas sure de réitérer cet exploit à chaque fois que je passerai par ce trajet ; la route qui serpente sous ce pont et traverse la vallée en passant par le ville de Millau offre une vue superbe sur cette construction et permet d’en apprécier encore plus l’exceptionnelle prouesse technique et artistique.
Saviez-vous que le pont routier le plus long de France est celui de Saint-Nazaire (3 356 m) ? Et que les ponts qui relient les îles de Ré et d’Oléron au continent sont également plus longs que celui que j’ai traversé aujourd’hui ? Oserais-je m’attaquer à de nouvelles franges de ce tapis ? 🤔
Et toi ? Sur quel tapis évites-tu les d’aller en visiter les franges ???